8 mars 2019

Sophismes

La Haut-commissaire au droits de l'homme à l'ONU a osé rappeler la France qu'il fallait user de la force avec discernement et modération dans les manifestations. Que n'avait-elle fait ! Quoi, on nous donne des leçons ? Nous, le pays des droits de l'homme ? Et d'ailleurs, d'où elle vient, cette Michelle Bachelet ? Le premier ministre a été le premier à utiliser un argument plutôt curieux :  la France étant un état de droit, il n'est pas possible de parler de violences. Et Macon, interrogé répond de même : "Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit». Oui, un état de droit doit rendre possible de poursuivre les auteurs de violences (qu'elles soient le fait des manifestants ou de la police). Pour cela, il faut pouvoir les nommer. Décreter que l'on ne peut parler de violences inadmissibles dans un état de droit, c'est imaginer que le droit règne à travers cette seule qualité autoproclamée. Dans un état de droit, le droit n'est pas une idée platonicienne. C'est un combat, qu'il faut mener sans cesse pour que les faits correspondent aux principes.